Ecriture

Et si…

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Et si je me posais trop de questions,

Et si je me perdais moi-même dans tout ça.

Et si, à force, je ne savais plus où j’en étais.

Et si, surtout, je ne savais plus qui j’étais.

Alors, j’écris pour me retrouver, pour ne pas m’enfoncer trop loin dans mes abîmes, trop profond dans mes souffrances.

Voici un petit extrait de ce que j’écris…c’est un peu décousu, ce sont des morceaux qui ne se suivent pas forcément…merci à vous de me dire ce que vous en pensez…le positif comme le négatif (seules les critiques permettent d’avancer)…merci pour votre temps.

 

Il faut vivre les choses, en oubliant les limites et la morale même.

 

Elle se rappelle ce jour en classe où un garçon lui avait dit qu’elle avait de très petits cils. Elle avait été émue et touchée par cette phrase, qu’un garçon puisse la regarder de façon intense jusqu’à ce détail infime, et qui sonnait si joliment dans sa bouche, elle prit ça pour un compliment, c’était tellement mignon de souligner ainsi sa fragilité.

 

Et elle poussait de longs sanglots dans ses bras, entre eux, ce n’était plus que de grands vides dans ces moments là, des longues plaintes au dessus de leurs gouffres. Ses pleurs ricochaient contre les parois de son cœur et ne rencontraient que du vide, et ses mots à lui restaient suspendus dans son cœur, trop incertains pour jamais oser franchir la barrière du silence. Et ils restaient là enveloppés dans leurs silences respectifs, brisés seulement par sa respiration saccadée et ses larmes bruyantes. Rien ni personne ne semblait pouvoir la tirer de cet endroit si lointain du passé dans lequel elle était tenue prisonnière. Alors il ne lui restait que ses bras pour s’agripper dans une dernière tentative de se rattacher à la réalité, et il lui offrait ce rempart comme une ultime demande en mariage, comme la confirmation de son amour, quand on sait que même les ouragans ne feront pas plier son amour pour sa fragilité.

 

Il avait besoin de fuir par moment cette atmosphère trop empesée.

 

Et elle commençait à voir toutes ses copines autour d’elle avoir un ventre qui s’arrondit, et de petits bouts de vie, mélange incertain de deux êtres, venir au monde, et le monde s’émerveillait de leur beauté. C’était attendrissant mais tellement inaccessible, comment créer de l’amour et de la beauté quand on ne ressent que du noir en soi ? Ça la rendait triste tout ce monde qui évolue et elle qui reste au bord de la route sans arriver à saisir sa chance au passage.

 

Ce soir là avait un goût de fin du monde, elle n’avait plus goût à rien, elle a laissé exploser sa colère, sa haine et son dégoût que tout cet amour si parfait ne suffit même pas à la combler. Elle ne comprend pas, elle ne sait plus où elle en est, alors elle l’accuse de mal l’aimer, de ne pas être assez présent à ses côtés, de rentrer trop tard du travail, de passer trop de temps chez ses parents, de boire un verre de trop avec ses amis, pendant qu’elle attend, là, seule dans la chambre et qu’elle tourne en rond prisonnière de sa tristesse, patientant pour qu’il vienne la délivrer de son malheur. Elle le voudrait tout entier pour elle toute seule, pour que ça apaise ses douleurs, parce qu’il a le pouvoir de lui éviter de penser à tout ce qui lui fait mal. C’est un genre de remède magique cet amour. Mais là, ce soir, rien ne va plus, elle crie, elle hurle, elle se transforme en une autre que celle qu’il aime. D’habitude elle n’est que douceur, et là elle n’est que hurlements et terreur, elle agrippe leur photo d’eux deux en vacances et de rage, elle l’envoie par terre, et elle ne s’arrête plus encore plus enragée que le cadre ne se soit pas brisé. Comme si malgré tous ses efforts à repousser l’autre, il tenait le coup, un amour indestructible ça vous emprisonne aussi de ses tentacules.

Alors tout doucement, il s’est mis à pleurer. Elle a finalement levé les yeux tout doucement vers lui, se rendant compte du désastre qu’elle avait laissé autour d’eux. Alors, elle prit peur. Vraiment peur. Elle sentait que cette fois-ci elle était allée trop loin, et qu’il n’y aurait pas retour en arrière possible, que cette scène ne s’effacerait jamais de leurs esprits, qu’on ne pouvait plus continuer comme avant après ça. Elle baissa la tête et attendit ses mots, sa sentence.

Je vois bien que je n’arrive pas à te rendre heureuse.

C’est terrible cette phrase, même pas d’accusation, d’agressivité. Juste un constat, amer. Et la lourde responsabilité sur ses épaules à elle, de la chute de leur amour. Comme elle ne répondait pas, il prit ça pour un accord.

Alors si c’est comme ça, il vaut mieux que je te laisse.

Et là, c’est comme si elle était au bord d’une falaise, et que d’un coup, il l’avait poussée. Elle se sentait vide, atrocement vide et en même temps comme un immense soulagement. Plus rien ne comptait, plus rien n’existait. Elle ne ressentait plus rien.

Comment tu te sens ?

Vide.

Moi aussi, pareil.

Et cette nuit-là, ils s’endormirent dans les bras l’un de l’autre, et ça avait un goût bizarre, un goût de perte.

Le lendemain soir, il n’est pas rentré. Elle attendait sans attendre, car elle savait bien que dorénavant elle ne pouvait plus lui demander des comptes, mais elle attendait quand même car à présent plus rien ne comptait.

 

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3 réflexions au sujet de « Et si… »

  1. On se pose toujours beaucoup trop de questions. Mais c’est cela aussi être humain.
    Lâcher prise doucement, à son rythme et essayer à son rythme aussi de se dire que nous sommes là où nous devons être, à tel ou tel moment.
    Il faut apprendre à se libérer du passé pour marcher dans la lumière.
    Continue d’écrire ça fait du bien, ça libère!

    Aimé par 2 people

  2. Quand il nous reste que l’écriture pour lacher la pression, il faut écrire, écrire, encore écrire…Depuis hier j’avais une terrible migraine, toute la nuit elle ne m’a pas lachée, et toute la matinée puis j’ai écris à l’homme de ma vie, et ma migraine s’est dissipée doucement. Sortir ses tripes, même vomir ses tripes, c’est cela lorsque l’on couche les mots et que l’on accouche d’un récit qui est sans doute le sien, ou pas…je ne peux que te soutenir. jolie journée.

    Aimé par 1 personne

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